Coronavirus: les banques accordent-elles des nouveaux crédits immobiliers?

Coronavirus: les banques accordent-elles des nouveaux crédits immobiliers?

Les banques se penchent à nouveau sur les nouvelles demandes de crédit immobilier
 

Avec le confinement, le marché immobilier est à l’arrêt. Mais où en sont les nouvelles demandes de crédit? Le Figaro fait le point.

 

Vous souhaitez acheter un logement et envisagez de demander un crédit immobilier

Quelles chances avez-vous de l’obtenir? Depuis un mois, les banques ont donné priorité aux dossiers en cours, à savoir les prêts accordés aux entreprises et aux particuliers en difficulté qui réclament des reports d’échéance.

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Mais il semble que depuis quelques jours, les banques se penchent à nouveau sur les nouvelles demandes. C’est le cas de Société générale et de HSBC qui les avaient suspendues pendant plusieurs semaines. «Nous estimons que 70 % des banques peuvent désormais prendre les nouveaux dossiers de prêts», affirme Sandrine Allonier, de Vousfinancer, courtier en crédit immobilier.

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Mais ne vous réjouissez pas trop vite! Les banques n’en restent pas moins exigeantes. Car si elles ont réussi à réorganiser leurs effectifs, les agences manquent encore de bras. «Les banques veulent des dossiers complets et simples», précise Philippe Taboret, directeur général adjoint de CAFPI. Surtout, elles n’ont pas moins oublié les fameuses recommandations édictées par les autorités financières fin 2019À savoir ne pas accorder de prêts de plus de 25 ans et avec un taux d’endettement de plus 33%.

«Le désir d’acheter un logement n’a pas disparu»Maël Bernier, Meilleurtaux.com

Et ce n’est pas tout: les taux de crédit, bien qu’attractifs, augmentent entre 0,2% et 0,5% selon le profil de l’emprunteur. Sur 10 ans, les taux avoisinent en moyenne les 1%, 1,1% sur 15 ans, entre 1,3% et 1,4% sur 20 ans et 1,6% sur 25 ans. «On peut s’attendre en mai à des taux de 1,25% sur 15 ans, de 1,45% sur 20 ans et de 1,7% sur 25 ans», affirme Maël Bernier, de Meilleurtaux.com. Soit une hausse de moins de 10 euros sur vos mensualités pour un emprunt de 200.000 euros sur 20 ans. «Dans le cas d’une hausse de 0,5 point sur 20 ans (de 1,35% à 1,85%), les mensualités augmenteront de 46 euros et la capacité d’emprunt baissera d’environ 10.000 euros», ajoute-t-elle. Soit 1 m² de moins pour un logement parisien et 4 à 5 m² pour la province.

Et pour ceux qui ont la chance de pouvoir obtenir un crédit, ils devront s’armer de patience. Car du fait de l’absence de personnel, les délais de traitement s’allongent: jusqu’à trois semaines pour obtenir un accord de crédit contre une semaine à dix jours en temps normal. Idem pour les délais d’émission des prêts. «Plus de 50% des collaborateurs sont en télétravail, d’autres en arrêt maladie, avec du personnel en agence seulement quelques jours par semaine», explique Sandrine Allonier.

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La «bonne» nouvelle? La concurrence est loin d’être féroce. Les demandes de prêts ont ainsi chuté de 78% sur les trois premières semaines d’avril par rapport à la même période en 2019, chez Vousfinancer. Les principales demandes portent sur des dossiers initiés avant le confinement. Quid des autres? «Nous avons toujours des demandes de financement entrantes, assure Philippe Taboret. Le marché bien que fortement ralenti – les compromis et actes peinent à se signer car les biens ne peuvent pas être visités – n’est pas pour autant à l’arrêt!» «Si les transactions sont à l’arrêt, nous constatons, en revanche, que les recherches pour connaître le meilleur taux d’emprunt, la capacité d’emprunt…restent actives. Le désir d’acheter un logement ne disparaît pas», confirme Maël Bernier.

Une récente étude de SeLoger a ainsi montré que plus d’un futur acquéreur sur deux est déterminé à reprendre son projet après le déconfinement. «Pour l’heure, nous n’avons pas entendu parler d’abandons de projets mais de projets mis entre parenthèses», déclarent en chœur Sébastien Kuperfis, fondateur et directeur exécutif de Junot et Éric Allouche, directeur exécutif du réseau ERA